Amina Alaoui, la voix andalouse
La musique arabo-andalouse apparaît en Espagne avec l’arrivée de Ziryab qui s’installe à la cour de Cordoue en 822. Ziryab, né en 789 en Mésopotamie, est un musicien talentueux, chanteur, luthiste (il a l’idée géniale de rajouter des cordes à l’instrument), compositeur, poète, professeur de chant, de musique. Avec les musiciens Juifs de l'époque, Ziryab va explorer et tenter d'harmoniser ensemble, les romanceros profanes espagnols, les musiques religieuses chrétiennes, les milliers de chansons orientales d’origine gréco-persane entrées en Andalousie. Ces chansons sont l'essence première de la musique Nouba.
La Nouba est une suite de pièces vocales et instrumentales d'un même mode, comprenant 9 mouvements. Chaque mouvement peut comporter jusqu'à 40 pièces. A chaque mouvement correspond un rythme particulier. Ses rythmes s'enchaînent soit directement soit par l'intermédiaire d'un prélude libre ou d'une courte pièce instrumentale. Il existait vingt-quatre noubas, chacune se jouant à une heure précise de la journée. De nos jours, seules quelques noubas subsistent en Algérie, Maroc et Tunisie, différentes dans leur expression et leur style.
Amina Alaoui est la plus raffinée et la plus voluptueuse des chanteuses Nouba d’aujourd’hui, dont elle perpétue l’esprit unique. Unanimement adulée dans toute l’Europe et le Maghreb, elle vit entre Rabat et Paris.